EDITORIAL : Nous sommes la CEMAC! Nous sommes l’ACERAC! Nous sommes l’Afrique centrale!

En vue de viser l’efficacité des Nations dans la science, la culture et le progrès, les leaders de notre cher continent l’Afrique ont eu l’idée de se regrouper d’une part en petits groupes selon l’appartenance géographique ou/et linguistique d’autre part. Une idée qui au-delà des intérêts communs visés, a aussi un but sous-jacent, celui d’éviter toute politique isolationniste. En effet, les pays africains marqués par la fragilité structurelle et démocratique, trouvent ou trouveraient une grave nécessité de se mettre ensemble selon leur répartition géographique, pour promouvoir tout ce qui peut l’être.

C’est au nom de cette conscience commune des valeurs et potentialités à faire croitre ensemble, que les pays de la CEMAC (Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale) cherchent tout ce qui est à leur pouvoir pour faciliter les échanges entre les membres de cette communauté. La matérialisation d’une telle idée suppose la circulation libre des personnes et des biens; et cette disposition requiert une grande considération des autres qui doivent être vus non comme profito-situationistes, mais comme des partenaires égaux. Lorsque cette vision de choses est respectée, les pays membres ne peuvent qu’en tirer profit, car tout échange reste toujours enrichissant. En effet, le développement des uns et des autres dépend essentiellement de l’ouverture qu’ils manifestent les uns à l’égard des autres. C’est cette ouverture qui permettra que nos Etats respectifs s’inspirent des expériences des autres pour les imiter, en les produisant chacun chez soi.

Mais force est de constater que sur ce point il y a encore des efforts à faire: car, la libre circulation des biens et des personnes que nous voulons effective traine les pas. En effet, nous avons encore des pays frères, membres de cette organisation, qui manifestent toujours des difficultés à s’engager dans cette perspective. Même si officiellement des décrets ont été promulgués, annonçant une ouverture totale des frontières, l’applicabilité de ces normes étatiques porte des déficits non négligeables. Pour preuve, des membres d’un pays de la CEMAC se rendant dans un autre par voie routière pour une cérémonie d’Eglise pas de moindre importance, ont été soumis à des contrôles et de fouilles à répétition, comme s’ils provenaient des terres lointaines.

C’est vrai que pour ce cas de figure, ces pèlerins n’ont pas eu à payer des visas, mais les tracasseries administratives dont ils étaient l’objet, ne corroborent pas l’esprit et les objectifs de la CEMAC. Mais si ces derniers n’ont pas eu à payer des visas pour traverser la frontière, d’autres qui convergeaient au même endroit pour le même but, étaient soumis à cette règle diplomatico-administrative, comme s’ils se rendaient dans une zone étrangère que la CEMAC.

Ces dispositions qui constituent une dichotomie par rapport aux tenants et aux aboutissants de la communauté, fragilisent les avancées des objectifs à atteindre. Elles continuent à donner l’impression que les composants de l’organisation n’ont pas une vision claire de ce qu’ils veulent faire. C’est dans ce sens que nous, dans le cadre de l’ACERAC qui est vue comme la CEMAC de l’Eglise catholique, lançons un vibrant appel à ces pays frères qui semblent se complaire dans leur fermeture en leur disant: n’ayez pas peur d’ouvrir vos portes à vos frères et sœurs de la CEMAC, car leur présence chez-vous, loin d’être une menace, est une richesse qu’il faut exploiter. Nous sommes la CEMAC, nous sommes l’ACERAC, nous sommes l’Afrique centrale, marchons la main dans la main, pour construire une Afrique forte!

Abbé Antonio MABIALA

Secrétaire général de l’ACERAC.

 

date de publication: 
Lundi, 29 janvier, 2018 - 13:30

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